Nickel Boys, de Colson Whitehead

Mon avis

Il me suffira d’ajouter à la quatrième de couv que cette “academy” est tenue par des hommes blancs et vous imaginez la suite. 

L’histoire est inventée mais elle est inspirée de faits réels, semblables. Des vies de centaines, de milliers de petits garçons noirs nés au cours du siècle dernier sont semblables à celles d’Elwood et de ses camarades. Ce qui est effroyable c’est qu’on ne peut pas lire ce texte avec la distance des années, en se disant que c’était une autre époque. Parce que cette époque, c’est celle de nos parents, de nos grands-parents, ils en sont nombreux les témoins encore vivants. Pour nous il y aura au moins la distance géographique qui assouplit peut-être la dureté de ce texte – ou bien nous permet plus facilement de fermer les yeux sur ce qu’il se passe chez nous.

Vous lirez sûrement dans d’autres avis qu’il s’agit dans ce roman de montrer comment ce genre de centre de redressement pour mineur vous brise et vous rend inapte à une vie normale. J’aurais tendance à penser que ces “Academy” ne sont que la surface visible de l’iceberg et que c’est avant tout un livre qui raconte une société entière, profondément raciste, et ses impacts désastreux sur des générations d’américains. 

Colson Whitehead écrit dans un style fluide, agréable – bien que le fait de lire une traduction m’empêche d’avoir un avis plus prononcé. Le roman transpire entre les lignes le racisme, l’injustice – la domination blanche. J’ai eu néanmoins l’impression que l’auteur voulait aborder tous les points les plus sombres de l’Amérique ségrégationniste, comme s’il avait coché des cases au fur et à mesure du récit : les punitions corporelles, la torture, le viol, l’esclavage moderne, la chasse à l’homme, les combats de boxe clandestins, le ku klux klan, la corruption… Il n’y va pas avec parcimonie ! Mais il me manque trop de connaissances politiques et historiques pour me positionner à ce sujet.

Colson Whithead a reçu son deuxième prix Pulitzer en 2020 pour Nickel Boys.

« Sa vie à Nickel s’était muée en un lent et docile piétinement. »

La 4ème de couverture

Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à cœur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université pour y faire de brillantes études, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu’il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes.

Editions Albin Michel

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Avis & critique lecture Nickel Boys - blog lecture
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Nickel Boys – Colson Whitehead (traduction : Charles Recoursé)
Editeur : Albin Michel, 2020
Prix : 19,90€

Le roman de Colson Whitehead a été librement adapté de l’histoire des garçons de la Dozier school for boys. Plus d’informations ici : theofficialwhitehouseboys.org  et là floridamemory.com

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