Thérèse Desqueyroux, de François Mauriac

Mon avis

Emma Bovary en tellement plus aimable !!

Il y a 10 ans, une prof de licence me conseillait fortement de lire Thérèse Desqueyroux mais c’est une amie d’Instagram qui m’a finalement convaincue de le lire pour notre première lecture commune.

Dans ce court roman, François Mauriac pointe du doigt la situation de la femme dans la société. Emprisonnée dans les conventions sociales, elle ne peut pas se libérer ni survivre sans l’accord et l’aide de l’homme. Elle est broyée par le cercle familial.

L’histoire se déroule au début du XXe siècle. Dans les années 20 selon toutes vraisemblances. On découvre en Thérèse Desqueyroux une femme qui est éminemment seule. On comprend progressivement qu’elle a empoisonné son mari, ce pourquoi elle vient d’obtenir un non-lieu.

J’aime que Thérèse Desqueyroux ne soit pas une femme socialement convenable. Elle lit, elle fume, elle n’est pas convaincue par le mariage, et le summum : elle n’est pas maternelle. Je trouve encore très rare ce genre de personnalités dans la littérature, et ça fait du bien de penser que on seulement le personnage principal de Mauriac est tout ceci, mais que l’auteur ne se perd pas à en faire une femme détestable. C’est une nouvelle version d’Emma Bovary en plus sombre, plus violente, plus aimable au bout du compte. Thérèse est un personnage duel, touchant bien qu’elle se laisse sombrer dans la noirceur.

La justesse de François Mauriac ! Le chapitre du mariage est tellement fort ! Ce moment où elle comprend qu’elle ne sera plus jamais une enfant et où un immense fossé se creuse irrémédiablement avec sa seule amie (citation ci-dessous)

Et dans la deuxième partie du roman, le génie littéraire avec lequel Mauriac joue sur le temps et le déforme, entre ellipse et temps longs, dans la folie de Thérèse…

Je ne m’attendais pas à une fin finalement si positive.

“Anne demeurait sur la rive où attendent les êtres intacts ; Thérèse allait se confondre avec le troupeau de celles qui ont servi.”

La 4ème de couverture

Pour éviter le scandale et protéger les intérêts de leur fille, Bernard Desqueyroux, que sa femme Thérèse a tenté d’empoisonner, dépose de telle sorte qu’elle bénéficie d’un non-lieu.
Enfermée dans sa chambre, Thérèse tombe dans une prostration si complète que son mari, effrayé, ne sait plus quelle décision prendre. Doit-il lui rendre sa liberté ?

Editions Le Livre de poche

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Avis lecture & critique roman Thérèse Desqueyroux
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Thérèse Desqueyroux – François Mauriac
Editeur : Editions Le livre de poche, 1989
Prix : 5,30€

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