Chanson douce, de Leïla Slimani

Mon avis

Ce livre, j’avais déjà tenté de le lire il y a quelques mois sans parvenir à passer le cap du premier chapitre tant celui-ci m’avait impressionnée.

Quand Myriam ressent le besoin de reprendre le travail après son deuxième accouchement, elle et son mari partent à la recherche du Graal : une nounou parfaite. Assez rapidement ils tombent sous le charme de Louise, une jeune femme blonde, fluette, qui présente bien et a de bonnes références.

Louise s’occupe des enfants, fait le ménage, la lessive, le repas… la “nounou est une fée”.

Mais petit à petit, à force d’outrepasser ses fonctions, Louise s’insinue dans l’intimité de la famille. Déjà inquiétante dès les premiers chapitres (si on omet le tout premier évidemment), Louise est trop présente, trop envahissante. Mais trop nécessaire. A tel point que lorsque les premiers signes alarmants arrivent, on n’ose rien faire.

L’incipit, lui, a été très clair. La nounou a assassiné les enfants.

Mais pourquoi ? Que s’est-il passé ? Comment en est-elle venue là ?

C’est ce que l’on tente de comprendre dans la suite de ce roman noir, grâce à un astucieux regard en arrière. Petit à petit, on découvre les coulisses de la scène de crime et la personnalité de cette mystérieuse nounou idéale.

C’est bien écrit. Le roman est bien monté, bien découpé. Bien qu’on connaisse dès la première page le drame de l’histoire, il y a tout de même une forme de suspens qui parcourt l’intrigue. Mais ce n’est malheureusement pas une révélation pour moi. Passée la scène d’horreur du premier chapitre, je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages.

Une lecture qui reste donc en demi-teinte.

Un point néanmoins qu’il m’a beaucoup parlé, ce roman est aussi l’occasion pour Leïla Slimani de pointer du doigt la charge mentale. Celle qui pèse si lourd sur le dos des femmes. Cette ambiance sociétale culpabilisatrice envers les mères qui travaillent. Et qui pèse toujours plus dans les foyers pauvres.

« Elle en avait fait un drame, refusant de renoncer au rêve de cette maternité idéale. S’entêtant à penser que tout était possible, qu’elle attendrait tous ses objectifs, qu’elle ne serait ni aigre ni épuisée »

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Chanson douce – Leïla Slimani
Editeur : Editions Folio, 2018
Prix : 7,50€

La 4ème de couverture

«Louise ? Quelle chance vous avez d’être tombés sur elle. Elle a été comme une seconde mère pour mes garçons. Ça a été un vrai crève-cœur quand nous avons dû nous en séparer. Pour tout vous dire, à l’époque, j’ai même songé à faire un troisième enfant pour pouvoir la garder.»

Lorsque Myriam décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats,
le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise et sont conquis par son aisance avec Mila et Adam, et par le soin bientôt indispensable qu’elle apporte à leur foyer, laissant progressivement s’installer le piège de la dépendance mutuelle.

Editions Folio

Pour aller plus loin…

Le roman Chanson douce a reçu le prix Goncourt 2016 et le prix des lectrices de Elle en 2017.

Chanson douce a été adapté au cinéma en 2019 par la réalisatrice Lucie Borleteau, avec Karin Viard dans le rôle de Louise (la nounou) , Leïla Bekhti dans celui de Myriam (la mère) et Antoine Reinartz dans le rôle du père. Karin Viard a été nommé au Césars de la meilleure actrice pour son rôle dans ce film.

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