Miette, de Pierre Bergounioux

Mon avis

C’est Juliette Arnaud sur France Inter qui m’a donné très envie de lire ce court texte. J’ai d’ailleurs rencontré et enregistré Pierre Bergounioux il y a de ça un peu plus d’un an et l’homme m’avait séduite (intellectuellement). J’avais donc dans un coin de ma tête cette envie de le découvrir dans l’écriture.

Miette, c’est l’histoire d’une famille lors de la première moitié du XXe siècle, c’est l’histoire d’un héritage millénaire et c’est l’histoire du changement. Sur les hauts plateaux granitiques du Limousin, Baptiste, fils de Pierre et de Marie, dit Miette, sent venir la fin d’une éternité de vies immuables. Cette famille dont les générations successives ont vu passer « des êtres en petit nombre [qui] y répétaient le rôle immémorial que leur dictaient le sang, le sol et le rang », voit venir le changement.

Rattrapé par le temps qui passe. Ce bout de terre – le paysage me semble encore une fois être un personnage à part entière – dans lequel vit cette famille voit lui aussi la boucle temporelle, dans laquelle elle semble s’être établie, s’évanouir dans l’évolution du Monde.

Pierre Bergounioux signe ici un texte éminemment poétique. La langue, le style sont travaillés, presque à l’excès, jusqu’à nous perdre dans ce mélange d’éternité et de finalité qui compose le cœur de cette histoire. Miette n’est peut-être pas accessible à tous, à tous moments de nos vies. Il faudra lire à tête reposée pour pouvoir accueillir l’ampleur et la poésie de ce texte, mais il vaut l’effort et je vous le conseille. D’autant plus qu’il paraît que plus on lit Bergounioux plus on l’aime, alors allons-y !

« Ce qui se passe, parfois, nous dépasse infiniment. On ne comprend rien au rôle qu‘on va jouer. On n’a aucune idée de ce qu‘on atteint, sollicite ou qui, à notre insu, nous meut, dirige les actes téméraires qu’on se surprend à esquisser, enchaîner sans qu‘il semble qu’on y ait de part. »

La 4ème de couverture

Le haut plateau granitique du Limousin fut l’un des derniers refuges de l’éternité. Des êtres en petit nombre y répétaient le rôle immémorial que leur dictaient le sang, le sol et le rang. Puis le souffle du temps a touché ses hauteurs. Ce grand mouvement a emporté les personnages et changé le décor. On a tâché de fixer les dernières paroles, les gestes désormais perdus de ce monde enfui.

Editions Folio

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avis lecture & critique de livre Miette Pierre Bergougnioux
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Miette – Pierre Bergounioux
Editeur : Editions Folio, 1996
Prix : 6,90€

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